SpaceX : le test crucial pour la capsule Crew Dragon, c’est demain

Dix mois après le vol inaugural et réussi d’une capsule Crew Dragon (Demo-1, mars 2019), SpaceX s’apprête à réaliser un vol d’essai spectaculaire pour tester son système d’abandon de lancement. Ce test est la dernière étape imposée par la Nasa pour montrer que la capsule Crew Dragon, de SpaceX, est capable de transporter des astronautes à bord de la Station spatiale internationale en toute sécurité. S’il réussit, le premier vol habité du Crew Dragon pourrait avoir lieu dès cet été.

Pour démontrer la capacité du Crew Dragon de SpaceX à se séparer en toute sécurité du Falcon 9 dans « le cas peu probable d’une urgence en vol » tiennent à souligner SpaceX et la Nasa, un essai en vol du système d’abandon de lancement de la capsule sera réalisé samedi. Il est à suivre en direct à 14 h 00 (heure de Paris) sur le site Internet de SpaceX. Ce test en vol est un « quitte ou double » pour la Nasa et SpaceX. Un échec plongerait les deux partenaires dans la tourmente et clouerait au sol pendant plusieurs mois, voire plus d’un an, ce système de lancement. À contrario, si le test réussit, la capsule devrait transporter au cours de l’été 2020 les astronautes de la Nasa, Bob Behnken et Doug Hurley, à bord de l’ISS pour une mission de 14 jours.

S’assurer que tout fonctionne avant de faire monter des astronautes à bord

Contrairement aux capsules Soyouz et Shenzhou, qui utilisent une tour d’extraction (aussi appelée tour de sauvetage) pour se séparer et s’éloigner sans risque du lanceur en cas d’urgence pendant les opérations au sol, lors de la mise à feu ou pendant son ascension, le Crew Dragon de SpaceX utilise un ensemble de deux types de moteurs intégrés à la capsule. Ce système d’abandon de lancement compte huit moteurs SuperDraco et seize moteurs Draco. D’une puissance de 73 kNewtons de poussée, les SuperDraco, à ergols liquides, ne servent qu’à l’éventuelle éjection de la capsule en cas de défaillance du lanceur. Quant aux Draco, avec une poussée de 400 Newtons, ils sont seulement utilisés pour les manœuvres orbitales et les corrections d’attitude.

                                                               

Après le décollage, le Falcon 9 suivra une trajectoire qui imitera une mission du Crew Dragon à destination de la Station spatiale internationale correspondant aux environnements physiques que le lanceur et la capsule rencontreront lors d’une ascension normale. L’abandon de lancement est prévu 1 minute et 30 secondes après le décollage, à MaxQ, c’est-à-dire l’un des moments les plus difficiles du lancement. Lors du décollage, et au fur et à mesure de l’ascension du lanceur, la vitesse et la densité de l’air se combinent pour exercer une pression sur le lanceur dont l’intensité maximale est atteinte environ une minute après le décollage.

À ce moment là, les neuf moteurs Merlin de l’étage principal du Falcon 9 s’arrêteront tandis que les moteurs SuperDraco de la capsule s’allumeront jusqu’à épuisement de leur carburant. Près de l’apogée, la partie inférieure de la capsule, sur laquelle sont installés des panneaux solaires et des radiateurs, se séparera. Les moteurs Draco se mettront en route de façon à contrôler l’attitude de la capsule et l’amener sur une trajectoire de retour au sol. Après quoi, les parachutes se déploieront pour permettre un atterrissage en douceur dans l’océan Atlantique près des équipes de récupération de SpaceX et de L’U.S. Air force.

Quant au lanceur, il ne pourra pas être récupéré. SpaceX prévoit qu’il se brise en plusieurs morceaux qui tomberont dans l’océan Atlantique où ils seront récupérés.

cet article a été publiée par Remy Decourt dans futurascience

17 janvier 2020
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